• La Musique adoucit les moeurs

    La Musique adoucit les moeurs

    Coquettes, elle caquettent, caracolent dans leurs caracos carmins, colportent, clapotent encore, médisent, redisent, ressassent et repassent, jettent enfin une dernière cartouche et caltent vers d’autres potentielles victimes. Une cacophonie les précède, prémices d’un boucan d’enfer, prélude d’une symphonie de klaxon. Elles colorient l’air, intrépides car assurées de l’impunité, clament et déclament à qui veut l’entendre, quoique il n’est pas question de ne pas vouloir, qu’elles boiront le cacao jusqu’à la lie. Inutile de leur expliquer que cacao n’a point de lie, elles n’écoutent que leur chef, une virago aux oreilles calcaires, aux dents acérées, une calamité Jane version crocodile. Son nom ? Honni soit qui mal y pense, son non est Ornicar. Ornicar, oui, celui-là même qu’enfant nous cherchions ! Ornicar mais où donc est-il c’était donc Ornicar où donc est-elle ! Qui eut pu imaginer Ornicar en catholicos caucasienne canonnant ses conseils sans se soucier des conséquences, canonisant à tout va des saintes collégiales, et qui invite à pleins cartons une foison de croyants crédules qui grognent tout bas mais filent droit quand d’un coup Ornicar ordonne. Car Ornicar ordonne, elle catéchise, sort de son carquois des flèches au curare, elle déconne mais qui donc, dites le moi, qui donc osera lui dire ? Qui s’est coltiné ses collectes sait qu’elle collusionne avec d’occultes colmariens. Elle collecte, accumule, collectionne et cofinance d’obscurs collabos sans cogiter plus loin que le bout de sa caboche qu’elle a, croyez-moi, plus que dure. Elle finira coinculpée, noyée dans une cohorte d’accusés tous plus colériques les uns que les autres, et se coiffera de coléoptères en plaidant non coupable.

    Alors, sans gloriole des gloutons globuleux irrigueront leur gosier de gouleyantes boissons. D’une glose glucosée on nous expliquera que le cerveau glacé du gourou lui a joué de mauvais tours. Pas besoin de glossaire pour comprendre que d’huguenote elle était devenue gnognotte, mais gnognotte tendance gallinacé. Il fallait qu’elle annonce, prononce, prophétise, bref caquette à tout va, et entraîne avec elle une foule glougloutante. Bah, au gnouf, entouré du gratin graveleux de la couche grivoise de la société, elle aura loisir de cogiter à tout ça.

    En sortant, amendée, repentie, régénérée ; elle se fera oublier, deviendra éleveuse de poules pondeuses.

    Et on entendra du Mozart dans son poulailler.

     

    ©Pierre Mangin 2016

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