• Chez les Linternat

    Robert Linternat appartient à cette race de gens qui, partis de rien, étaient parvenus à pas grand-chose. Elevé au sein d’une famille modeste mais néanmoins très croyante, il avait suivi de modestes études avant d’épouser Charline Locéan, la fille du modiste. Celui-là même dont l’échoppe se situe à l’angle de la rue Sans-Souci et du Boulevard des Pénitents. Six mois à peine après le mariage célébré en petites pompes, Charline donna à son époux un beau petit garçon que le Papa, emballé, voulut prénommer Zlatan, en honneur de l’ancien attaquant du Paris Saint Germain. Charline pour sa part, préféra Albert.

    Pour subvenir aux besoins de sa nouvelle famille, Robert Linternat se fit embaucher dans une administration sans intérêt, où il remplissait à longueur de journée d’obscures fiches que personne ne lisait jamais. Son métier n’était pas passionnant, il le reconnaissait volontiers. Mais, dans la mesure où il ambitionnait de ne point trop se fatiguer physiquement ou intellectuellement, il lui convenait plutôt bien.

    Deux ans plus tard la famille s’agrandissait, et le petit Albert se montra à la fois fier et jaloux de sa petite sœur.

    La vie continua de s’écouler chez les Linternat. Une vie sans heurt, sans surprise, presque sans bruit. Les saisons passèrent, les années aussi. Les enfants grandirent, Robert et Charline commencèrent à vieillir, sans même s’en apercevoir.

    Charline rêvait d’une autre vie. Ses parents modistes étaient passionnés d’opéra. Nabucco, Carmen, la Flûte Enchantée, les Noces de Figaro… Les grands airs l’avaient bercé dès son plus jeune âge. Dès que l’occasion s’en présentait le couple fermait boutique pour se rendre en famille à l’opéra, au concert ou au théâtre. Charline gardait de ces sorties un souvenir émerveillé.

    Les Linternat sortaient peu. Robert, aux sorties culturelles, préférait un bon western à la télé. Quitte à regarder la télévision, Charline avouait une préférence pour les films d’amour. Il arrivait à Monsieur Linternat d’emmener son fils au stade. Ils en revenaient la voix brisée d’avoir encouragé leur équipe. Où d’avoir hurlé des floppée d’insanités à l’encontre d’un arbitre ou d’un joueur… Une fois, une seule fois, Charline accompagna les mâles de la famille dans cette démonstration virile s’il en est. Même si l’affrontement musclé de ces hommes en short, et la vue de leurs cuisses dignes des statues antiques lui procura une émotion troublante, elle ne fut guère enthousiasmée par cette explosion incontrôlée de testostérone…

    Plus que tout, Charline voulait initier son mari aux joies indicibles de l’opéra. Elle avait économisé sous après sous pour acheter deux places. Deux places luxueuses, premier parterre, deuxième rang, au beau milieu de la salle. Elle désirait  offrir à Robert un moment inoubliable, qui, elle n’en doutait pas, allait changer sa manière d’envisager la vie. Et qui, par ricochet, changerait aussi la sienne, de vie…

    Dire que Robert sauta de joie au plafond quand elle lui présenta, toute excitée, les deux billets serait excessif. Voire exagéré…

    Le jour J, Charline dû même traîner son mari jusque l’opéra. Elle avait eu le malheur de lui dire que s’ils arrivaient en retard on ne leur permettrait pas d’entrer dans la salle. Qu’ils seraient obligés d’attendre l’entracte. Alors, bien sûr, Robert avait ralenti le pas…

    Pour finir, Charline s’était saisie de la main de son mari et l’avait littéralement tiré dans la rue. Ils s’étaient assis sur leurs fauteuils réservés une minute avant que les ouvreuses ne ferment les portes…

    Pour une première approche, Charline avait choisi Carmen, de Bizet. Pour ses airs fredonnés par tous, pour sa musique enlevée, pour  son livret d’un abord facile.

    Nerveux, Robert jetait des regards inquiets autour de lui. Quand le rideau se leva et que les premières notes de musique se firent entendre il commença à se tortiller sur son fauteuil. Alors que Charline se laissait bercer par la magie du spectacle, il souffrait de mille maux. Les chants qu’il entendait ne ressemblaient à rien à ceux qu’il écoutait habituellement. Ici pas de boîte à rythme, pas de basses assourdissantes qui vous vibrionne le cœur et les tripes. Mais des envolées d’instruments d’un autre temps. Violons, violoncelles, cuivres, hautbois, flûtes traversières… Et ces gens sur scène qui chantaient au lieu de parler ! « Et si je me mettais à chanter », se disait Robert, « à chanter pour demander qu’on me passe le sel, à chanter pour dire que je vais me chercher une bière dans le frigo, que penseraient les enfants ? Sûrement que leur père est tombé sur la tête… » À l’entracte il émit l’idée de se carapater. Devant la mine choquée de Charline il n’insista pas. Non, décidemment, il ne comprenait pas l’engouement de sa femme pour l’opéra. Qu’on s’enthousiasme pour un match de foot, il comprenait. Dans un match de foot il y a du sport, de l’action, du suspens ! « Mais ici ? » pensait-il dépité, « ici un torero d’opérette simule des passes, et le seul taureau que l’on voit est un décor en carton pâte ornant le fond de la scène ! »

    Quand la sonnerie annonçant la fin de l’entracte a retentit, Charline et Robert on rejoint leurs places. Charline enchantée qu’il lui reste encore la moitié du spectacle à vivre. Robert désespéré de n’en être qu’à la mi-temps…

    Sur le chemin du retour, Charline volubile, ne cessait de louer les mérites des chanteurs, des musiciens, des danseurs. Robert, muré dans un silence hostile, pensait au tournoi de la ligue des champions dont il venait de rater un match décisif.

    Arrivés dans leur appartement, Robert eut un éclair de génie. Il proposa à Charline de se rendre plus souvent à l’opéra. « Puisque tu aimes tant », lui dit-il, « pourquoi n’irais-tu pas avec tes parents ! »

    La vie continua de s’écouler chez les Linternat.

                                                            

    Ou plutôt deux vies continuèrent de s’écouler. Deux vies sans heurt, sans surprise, presque sans bruit.

    Deux vies parallèles…

    Chez les Linternat

     

    ©Pierre Mangin 2019

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  • Au lycée sa simple apparition me donnait envie de prendre la tangente. C’est vrai qu’il n’avait rien de gracieux. Des épaules carrées sur un torse rectangulaire, un crâne en sphère, des yeux aigus nichés au fond de deux orbites, un nez aux larges sinus posé à l’équerre sur deux lèvres parallèles… Son caractère obtus n’était plus à démontrer. Des rumeurs folles circulaient à son sujet. Mon binôme assurait qu’il s’était remarié avec la femme dont il avait divorcé, et qu’il n’hésitait pas à introduire une ou deux inconnues dans cette vie de couple complexe. Voire qu’il menait une vie parallèle. Ces hypothétiques conjectures alimentaient des conversations que notre professeur, qui ne manquait pas du sens de la formule, écourtait en apparaissant dans les lieux les plus improbables du lycée. Sa figure peu avenante suffisait à remettre les garnements que nous étions dans la bonne direction : celle de sa classe. Entre parenthèses il me faut parler ici d’un facteur sans équivalence dans le corps professoral : son identité était remarquable. Il s’appelait Mothétie, et ses parents l’avaient prénommé Mateo, ce qui donnait Mateo Mothétie[1]. Je vous laisse deviner les quolibets que ce nom hors norme nous inspirait. Quolibets dont nous nous réjouissions hors de sa présence, l’autorité étant chez ce redoutable professeur une constante. S’il nous avait entendu, son âge canonique ne l’aurait pas dissuadé de nous envoyer une bonne droite pour nous apprendre les règles. Pour lui le respect des professeurs n’était pas un symbole que l’on pouvait bafouer, c’était un postulat dont on ne s’écartait pas.

    La somme de ces multiples éléments hissaient notre professeur au rang de ces êtres uniques qui marquent durablement l’esprit des élèves. Pendant ses cours il était le centre vers lequel convergeaient tous les regards. Pour les récalcitrants à la science mathématique il n’hésitait pas à prendre le mal par la racine, distribuant des exercices qu’il nommait éducatif pour que pénètre dans nos cerveaux embrumés par les affres de l’adolescence les théorèmes les plus mystérieux, les axiomes les plus abscons. Pour un devoir non fait ou une leçon non acquise, il opérait sans différence. Et les exercices pleuvaient sur le malheureux potache… Nous essayions bien parfois d’occuper l’espace du cours par quelque activité ludique, telle la lecture d’un illustré ou l’écriture d’un poème vaguement désespéré, mais il se trouvait toujours un rapporteur pour nous cafter dans l’espoir d’une aléatoire indulgence lors du prochain contrôle. Sous le regard sans équivoque de notre professeur  nous rangions illustrés et poèmes maladroits avant de noter les exercices à fonction coercitive dont il nous gratifiait. Pas besoin de calculette pour deviner qu’ils allaient dévorer notre temps libre…

    La valeur absolue de ce professeur hors norme est qu’il aimait sa matière plus que tout, et en parlait avec une passion jamais démentie. Il jonglait avec les concepts, extrapolait avec jubilation, ordonnait avec sagesse. Ses démonstrations ne manquaient jamais de saveur, et la seule évocation d’une harmonique ellipsoïdale[2] le plongeait dans un océan de béatitude.

    En traçant sur le tableau noir de complexes inéquations de son écriture curviligne, il lui arrivait de nous oublier. Il partait alors dans son monde, un monde peuplé de vecteurs, de paraboloïdes[3], de repères orthonormés et de perspectives isométriques[4]. On pouvait alors apercevoir, le temps d’un fugace éclair, un sourire de béatitude illuminer son sévère visage.

     

    ©Pierre Mangin 2019

     

    Pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin, quelques définitions de termes employés dans ce petit texte. Attention, se plonger dans ces notions peut donner des céphalées...

    [1] Homothétie : Propriété de deux figures dont chaque point de l'une correspond à un point de l'autre sur des droites menées à partir d'un point fixe appelé centre d'homothétie, la distance entre ces points correspondants étant constante. Homothétie directe, inverse https://www.cnrtl.fr/definition/homoth%C3%A9tie .

       [2] Harmonique ellipsoïdale : En mathématiques une harmonique ellipsoïdale est une fonction définie sur un ellipsoïde et dont les propriétés généralisent celles des harmoniques sphériques définies sur une sphère. Elles ont été introduites par Gabriel Lamé1 et ont des applications en physique, entre autres pour déterminer les isothermes dans le problème de diffusion de la chaleur ou pour décrire le champ gravitaionnel engendré par un ellipsoïde massif, tel l'ellipsoïde de référence proche du géoïde terrestre utilisé par le système GPS. (Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Harmonique_ellipso%C3%AFdale )

     

    [3] Paraboloïde : En mathématiques, un paraboloïde est une surface du second degré de l'espace euclidien. Il fait donc partie des quadriques, avec pour caractéristique principale de ne pas posséder de centre de symétrie.(Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Parabolo%C3%AFde )

    [4] Perspective isométrique : La perspective isométrique est une méthode de représentation en perspective dans laquelle les trois direction de l'espace sont représentées avec la même importance, d'où le terme.(Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Perspective_isom%C3%A9trique  )

     

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  • Mon sens de l’orientation légendaire m’avait fait défaut. Je m’étais trop avancé dans la forêt et n’étais même plus sûr de savoir où se trouvait le Nord. Quand ils apprendraient ma mésaventure, plusieurs de mes copains allaient bien s’amuser. Mais pour l’instant je m’en fichais : ma préoccupation était de sortir de cette foutue forêt.

    J’avais attaché mon vélo à un bouleau, à l’entrée d’une clairière, pour continuer à pied. Voilà que j’étais parfaitement paumé, incapable de retrouver clairière et vélo. Paumé et inquiet. Le soir n’allait pas tarder à arriver, la nuit à tomber. Je n’avais aucune envie de jouer les apprentis aventuriers. Les bivouacs au clair de Lune, frotter des bois pour faire du feu, déterrer des racines pour manger, très peu pour moi. J’essayais de me raisonner, de garder mon sang-froid pour retrouver rapidement mon chemin, ou, pour le moins, une route goudronnée qui me ramènerait à coup sûr vers la civilisation. Mais je peinais à conserver mon calme. Pas après pas le sous-bois me paraissait de plus en plus étrange, mystérieux. J’étais entouré d’essences inconnues, certains arbres me rappelaient des espèces exotiques ne poussant pas sous nos latitudes. Bref, tout était bizarre…

    Je tentais de deviner la direction du Nord quand j’entendis un grand bruit de cavalcade. Des feuilles que l’on piétine, des branches que l’on casse. Vu le barouf ce devait être une horde de je ne sais quels animaux sauvages. Quelle ne fut pas ma surprise de voir un prunier se précipiter vers moi avant de s’arrêter net, le tronc à quelques centimètres de mon nez :

    — Enfin je vous trouve ! C’est vous qui avez garé votre vélo en double file ? Ne niez pas, c’est vous, on vous a vu.

    Et, dans un grand mouvement de balancier, il détacha une feuille rose d’une de ses branches.

    — À payer dans les quarante-huit heures si vous ne voulez pas qu’elle soit majorée.

    Il avait disparu sans me laisser le temps de réagir.

    Mon cœur battait encore la chamade quand un amandier m’apostropha, de manière fort peu courtoise :

    — Vous croyez vous en sortir à si bon compte ? Le bouleau a porté plainte. À cause de vous il n’a pu se rendre à son travail. Son préjudice est avéré.

    Dans le même mouvement de balancier que le prunier, l’amandier me remit une nouvelle amende ainsi qu’une convocation pour le tribunal.

    Avant que je puisse répondre, une voix sourde, inquiétante, résonna à mes oreilles. C’était un bigaradier.

    — Et ne vous avisez pas d’oublier ! Je me ferais un plaisir d’aller vous chercher. Par la peau du derche si besoin !

    — Allons soldat, le reprit un grenadier derrière lui. Pas de menaces inutiles. Je suis sûr que notre citoyen sera ponctuel. N’est-ce pas monsieur ?

    Le plus incroyable dans cette histoire, c’est que j’ai balbutié un oui penaud au grenadier… Des arbres me parlaient et je leur répondais !

    C’est alors que je sentis un poids sur mon épaule. Un avocatier y posait amicalement un de ses fruits :

    — Pas d’inquiétude. Nous allons le gagner ce procès. Le bouleau n’avait rien à faire dans la clairière et le prunier ne vous a pas fait signer de reçu. C’est un vice de forme. Nous allons nous enfourner dans la brèche et plaider l’incompétence du tribunal. Le président est un vrai cognassier, il renverra l’affaire à une autre session. Et s’il ne le fait pas vous jouez les saules pleureurs, ça émeut toujours le jury. Ensuite j’interjetterai un appel suspensif. Pendant ce temps quelques châtaigniers de mes amis se feront un plaisir de convaincre le jury de répondre non aux questions du président. Je peux aussi envoyer quelques gros mélèzes pour persuader le cognassier de se ranger à nos côtés. Et si malgré tout vous êtes condamné, alors nous irons jusqu’à la cour internationale des droits sylvestres. En revanche si vos tentatives d’intimidation sont révélées au grand jour, là vous êtes mal. Vous êtes très mal !

    L’avocatier se mit à remuer ses branches en tous sens.

    — Vous pourriez bien finir en charbon de bois ! Et n’allez pas dire que je ne vous avais pas prévenu ! Tiens, je ne sais même pas pourquoi je risque ma réputation en m’escrimant à vous défendre !

    Il est reparti en bougonnant, me laissant quelque peu perplexe. N’y avait-il donc aucun hêtre censé dans cette forêt ? J’étais désespéré. Un charme qui passait par là me salua d’un :

    — Salut bel inconnu. Ça n’a pas l’air d’aller bien fort ? Allez, viens avec nous, on va prendre un peu de bon temps chez mon copain caféier.

    Au point où j’en étais, plutôt suivre un charme aguicheur que de rester tout seul. Je dois reconnaître que son pote caféier savait recevoir. D’autant qu’une joyeuse bande d’arbre à pain, aux faisans, à miel et aux bonbons eurent tôt fait de nous dresser un repas somptueux. Hélas, il a fallu qu’un vinaigrier gâche la fête en tentant de nous fourguer une piquette infâme que le dernier des poivrots aurait refusée. L’affaire menaçait de tourner au pugilat. Sans l’intervention autoritaire d’un pin Napoléon qui mit tout le monde d’accord en prétendant être l’empereur de tous les arbres de la forêt. Le calme si fit comme par miracle. Tout juste si j’entendis un baguenaudier ricaner dans le fond :

    — J’ai connu un pommier qui se prenait pour un empereur lui aussi. Il se faisait appeler Napoléon Pommier.

    Une branche posée sur son tronc à la hauteur du foie, le pin Napoléon n’en finissait pas de féliciter ses troupes, allant jusqu’à pincer l’oreille d’un argousier rougissant. Derrière lui un palmier distribuait des décorations. C’est ainsi que j’ai vu, de mes yeux vu, un néflier devenir maréchal d’empire, et un cocotier intrigant chevalier de la légion d’honneur.

    C’est alors qu’il est arrivé en bondissant. Poing ! Poing ! Poing ! J’ai cru un instant qu’il était monté sur ressort. C’était un caoutchouc, très excité.

    — Ils arrivent, ne cessait-il de crier entre chaque bond, ils arrivent !

    Et de fait, quelques minutes plus tard la forêt arborait une couleur uniforme. Des dizaines de kakis semblaient avoir tout envahi. Les oiseaux se taisaient devant ce déploiement savamment organisé. L’empereur avait disparu. Un savonnier timide me dit l’avoir vu embarquer pour une île lointaine. Sainte-Hélène ou quelque chose comme ça. Quant à moi, inutile de chercher à m’éclipser. Ils étaient partout, se dressaient à l’entrée de chaque chemin et interdisaient toute fuite. Le kaki en couleur unique, ça n’a jamais été bon pour les libertés.

    Tout semblait pouvoir arriver dans cette folle forêt. Surtout le plus improbable. Un à un les kakis se dispersèrent, laissant faune et flore s’égayer en toute liberté. À y regarder de plus près ils avaient perdu leur arrogance, les kakis. Ils semblaient même s’ouvrir à la poésie ! C’est alors que je perçu une musique quasi céleste. C’est elle à n’en pas douter qui avait eu cette bonne influence sur les kakis. Bientôt je vis une symphorine arriver, précédée par un ballet de véroniques des plus touchant.

    Le soir tombait. Pour retrouver mon chemin il me faudrait attendre le lendemain. Un abricotier me proposa spontanément le gîte et le couvert.

    Je me suis endormi serein, bercé par le ressac.

     

    ©Pierre Mangin 2019

    (Première Édition Revue Le Traversier N° 26, novembre 2016)

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