• Mortelle Envolée Episode 52

    L'escorte raccompagnant le condamné à la prison des Craquelins est partie toutes sirènes hurlantes depuis une bonne vingtaine de minutes. Après avoir photographié et filmé les véhicules, les journalistes se sont rabattus sur les familles sortant du tribunal. Photos, micros tendus, premières impressions... Interviews ordinaires de fin de procès. Maintenant que la salle d'audience est vide, que le public s'est dispersé, journalistes et photographes rangent leur matériel. Une à une les voitures des différents organes de presse abandonnent la place. La nuit est tombée sur Châteauroux qui recouvre son calme. Deux retardataires descendent les marches du palais de justice.

    — À quand un compte-rendu du procès dans la Feuille de chou ?

    — Est-ce bien nécessaire ? Ces audiences ne changeront pas la face du monde. Un procès comme tant d’autres, banal, sans surprise.

    — Déçu ?

    — Pas plus déçu qu'enthousiaste. Et vous, Laetitia, déçue ?

    — Ô moi... Voir un criminel partir en prison ne me déplaît jamais, vous le savez.

    — Hum... Vous avez peut-être raison. Ce type est à ranger dans la catégorie des vrais cinglés. Mais si on devait mettre tous les cinglés en cabane il faudrait raser les forêts pour y installer des taules.

    — Et la question serait de savoir où l'irascible Simon Dargelois irait chercher ses champignons.

    — Les champignons ! S'il n'y avait que ça ! Et les châtaignes, les mures sauvages, les myrtilles ! Non, ce ne serait pas la solution. Il nous faut apprendre à vivre avec nos fous.

    — Que diriez-vous de prendre Alice Champlain en pension ? Manière d'éclairer de vos lumières son obscurantisme.

    — L'idée est bonne. Mais je crains de céder moi-même à mes instincts les plus bestiaux. Et franchement, ça m'embêterait de vous obliger à faire appel à une équipe de plongeurs pour sonder l'étang des Pouziaux.

    — Et moi je trouverais détestable de devoir vous signifier votre garde à vue. Quant à vous voir dans le box des accusés… Non, vraiment, non ! Tout cela est insoluble. Nos idéaux démocratiques nous interdisent de remplir prisons et hôpitaux avec les déviants de toutes sortes. En revanche nous laissons en liberté des individus qui portent en eux le germe du crime. Bien malin celui qui saurait prédire quand ce germe parvenu à maturité donnera ses fruits pourris.

    — Mes prochaines investigations concerneront peut-être les dérives sectaires auxquelles se livrent sans vergogne des églises ayant pignon sur rue.

    — Toute coïncidence avec l'affaire qui a retenu l'attention des médias pendant une semaine n'est que fortuite je présume ?

    — Oui et non. Pour faire simple disons que je trouve anormal qu'Alice Champlain ne soit pas plus inquiétée qu'elle ne l'a été.

    — Mon métier m'offre de belles satisfactions. Quand une enquête est bien menée, qu'un coupable est arrêté, que des victimes obtiennent réparation des préjudices subis... D'autres fois on voit un coupable partir en prison sans avoir la certitude ancrée au fond de soi, dans ses tripes, que la justice a été bien rendue. C'est ce que nous avons vécu aujourd'hui.

    Laetitia et Simon se dirigent en silence vers le centre ville.

    — Je vous offre un verre ? demande Simon.

    — Pourquoi pas... Quelque chose de fort.

    — Faites-moi confiance... Dans ce domaine j'en connais un rayon. Allons chez Germaine, nous y serons tranquilles.

     

    …/…

     

    Quand Germaine s'apprête à fermer, il ne reste que deux consommateurs. Ils sont assis au fond de la salle. Autour d'eux les chaises sont renversées à l'envers sur les tables. Le patron passe le balai avec un air ennuyé. Derrière le comptoir, Germaine, chiffon doux et sec en main, frotte le percolateur afin de le faire briller. Laetitia n'a fait que tremper les lèvres dans son verre de whisky. La langue lui brûle encore. Par la fenêtre on aperçoit la silhouette illuminée du Couvent des Cordeliers.

    — Cette année Garisseau n'a pas voulu organiser de salon du livre...

    — Comme toujours, quand les budgets entament une cure d'amincissement, c'est la culture qui trinque en premier.

    — Vous exagérez, Simon. Le maire trouvait indécent d'organiser une Envolée tant que le procès n'était pas terminé. Ce n'est pas du tout la même chose !

    — Mouais... Voilà bien la police... Toujours à défendre le pouvoir politique.

    Face à cette évidente mauvaise foi, Laetitia rit de bon cœur sans que Simon ne s'en offusque.

    — Au fait, continue t-il, je ne vous ai pas dit !

    — Quoi donc ?

    — La Feuille de chou compte un nouvel abonné. Une nouvelle abonnée plus exactement. Isabelle Blanbec...

    — Isabelle Blanbec est abonnée à la Feuille de chou Berrichonne ?

    — Parfaitement !

    — Faites attention qu'elle ne tombe pas amoureuse de son rédacteur en chef, directeur de la publication, chef du service des ventes, responsable de la publicité...

    — Pas de risque là-dessus. Je suis bien trop ronchon pour qu'une femme tombe amoureuse de moi. Elle m'a proposé de devenir mon antenne sur Mamers.

    — Antenne ?

    — Oui, j'ai des informateurs un peu partout. C'est mon réseau de veille citoyenne. Je n'avais personne à Mamers. Le vide est comblé.

    — Gageons que vous serez averti de tous les petits potins concernant le milieu littéraire Mamertin !

    — Pour porter la vérité à la connaissance de tous, toutes les volontés sont les bienvenues.

    — Si vous me garantissez l'anonymat, je pourrais vous faire part de certaines petites choses portées à ma connaissance. Je suis sûre que vous les jugeriez passionnantes.

    — La loi garantit au journaliste l'anonymat de ses sources. Et je m'en porte garant par-dessus la loi.

    — Ça me rassure davantage qu'un texte législatif. On tope ?

    — On tope !

    Laetitia et Simon scellent le principe de leur collaboration journalistique en topant par dessus la table de bois. Le claquement de leurs paumes résonne dans la salle presque vide. Dehors, minuit sonnent au clocher de l'église Saint Martial. La silhouette moyenâgeuse des Cordeliers disparaît dans la nuit. Germaine éteint les lumières du bar, plongeant la salle dans la pénombre. C'est sa façon de dire aux noctambules invétérés qu'elle aimerait bien aller se coucher.

    Laetitia Orion se lève, suivie de près par Simon Dargelois. Ils saluent Germaine au passage et sortent dans la ruelle mal éclairée.

     

    FIN

    © Pierre Mangin 2018

    Mortelle Envolée Episode 52

     

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  • Mortelle Envolée Episode 51

    UN AN PLUS TARD

     

     Le jour du procès, les journalistes de la France entière sont de retour à Châteauroux. Ils investissent non pas l’ancien couvent des Cordeliers et ses abords immédiats, mais le palais de justice et ses environs. Le procès se joue à guichet fermé, quelques chaises pliantes ont même été rajoutées dans les allées. Quatre heures avant l’ouverture des portes, une foule nombreuse se presse déjà. Blousons de cuirs et santiags en moins, on pourrait se croire à un concert de Johnny. Différence notable avec un concert de la rock star, le procès n’est pas retransmis sur écran géant : la loi ne l’autorise pas. Du moins elle ne l’autorise pas encore. Nul doute qu’en voyant ces centaines de déçus qui ne peuvent pénétrer dans la salle d’audience, le législateur changera un jour son fusil d’épaule et autorisera la retransmission en direct des grands procès. Après tout, ceux-ci passionnent les foules au même titre qu’un match de rugby ou de foot. La comparaison vient fort à propos, car c’est bien un match qui se joue derrière les murs austères du tribunal. D’un côté l’équipe des parties civiles et de leurs avocats. Ils occupent les premiers rangs de la salle. Monsieur et madame Duval, dignes dans leur douleur, semblent emmurés dans le silence. Leur fils, droit sur sa chaise, regarde l’accusé dans les yeux. Jean se repaît de ce spectacle, il ne veut rien en perdre. Pour lui nul pardon n’est envisageable envers l’assassin de sa sœur. À côté de la famille Duval est assise Hélène Coissard. Jean et Hélène se connaissent bien. Depuis un an ils se sont vus à plusieurs reprises. Les premières fois, leurs rencontres n'avaient qu'un seul et unique but : celui de parler, parler, parler et encore parler. Chacun offrant à l'autre une oreille attentive pour tenter d’évacuer ensemble le vide abyssal que les disparus ont laissé dans leurs vies. Puis, petit à petit, l’un et l’autre ont commencé à se découvrir. Hélène a vu l’homme en face d’elle, Jean a vu la femme en face de lui. Ils ont commencé à se sentir liés par des affinités, une sensibilité, des sentiments. Tant et si bien qu’Elisabeth et Stéphane Duval se sont habitués à l’idée de faire d’Hélène leur belle-fille. À côté d’Hélène, sont assis ses parents. Depuis l’annonce du décès de leur fils et leur retour précipité de Croatie, ils n’ont plus quitté leur petite ville d’Albi. Tout désormais leur paraît fade, ils n’ont plus de goût pour rien, et Hélène avait dû insister pour qu’ils viennent assister au procès de Champlain. Le père et la mère de Ludovic n’avaient qu’un leitmotiv en bouche : « Ça ne nous rendra pas notre fils… ». La famille de Paul Moulinier est là elle aussi. Sa mère, toute voûtée sur sa chaise roulante, son père, vénérable vieillard à la barbe blanche, son frère Yves, portrait craché de Paul, et sa grande sœur Huguette, bouleversée de se retrouver devant l’assassin de son petit Paul. Cette équipe est menée par un capitaine, en l’occurrence Sylvain Doutremont, procureur de la République. Doutremont a la réputation d’être un coriace, il ne peut être soupçonné de la plus infime complaisance à l’égard du crime et de ses auteurs. En face, l’équipe adverse. Maurice Champlain et son avocat commis d’office, maître Philippeau. Plusieurs grands avocats parisiens se sont manifestés auprès de l’accusé. Ils ont flairé dans l’affaire une médiatisation propice à leur prestige et à leur renommée. Plusieurs ont proposé à Maurice Champlain de le défendre gratuitement. Ils assuraient pouvoir lui éviter la perpétuité. Le plus décidé d'entre eux lui a fait miroiter une peine en dessous des dix années de réclusion. Maurice Champlain, de sa cellule des Craquelins, les a éconduits, tous, sans exception. La nécessité de se doter d’une défense efficace ne lui est jamais venue à l’esprit. D’ailleurs, il ne se trouve pas si mal que ça à la Maison d’Arrêt. Les repas y sont servis à heure fixe, il confie son linge au service de la buanderie et le retrouve chaque semaine propre, plié et repassé. Il a même réussi à se faire quelques amis avec lesquels il joue à la pétanque chaque week-end. Les fins de semaine pluvieuse il tape le carton avec la même équipe. Alice vient le voir de temps à autre au parloir, quand ses nombreuses activités lui laissent un peu de temps.

    Enfin, l’arbitrage du match est confié au président du tribunal, aidé dans sa tâche par deux assesseurs. Neuf arbitres de touche tirés au sort parmi les citoyens inscrits sur les listes électorales complètent le staff d’arbitrage.

    À crimes exceptionnels, procès d’exception. Cinq jours d’audience sont prévus. Et pendant cinq jours, à la barre, c’est un interminable défilé de témoins, famille des victimes, amis de l’accusé, voisins du couple Champlain ; d’avocats ; d’experts en tous genres. Pendant ces cinq jours on entend Courcelles, le directeur de la SRPJ, la commissaire Orion, le capitaine Lauzerte et tous ceux qui de près ou de loin ont participé à l’arrestation de Maurice Champlain ou à ses auditions pendant sa garde à vue.

    La commissaire Orion résume l'effroyable Envolée des Livres. Elle donne les détails des investigations ayant permis l'inculpation rapide de l'accusé. Courcelles s’attache à décrire les différentes étapes de l’enquête, insiste sur la réactivité exceptionnelle des fonctionnaires de police, se contente d’effleurer les errements ayant conduit à la garde à vue d’Isabelle Blanbec. Le capitaine Lauzerte qui lui succède à la barre rend compte de la garde à vue et des aveux maintes fois réitérés de Champlain. Costume clair, cravate prune ; il ne peut s'empêcher de se faire valoir devant ce public de choix. Il s'octroie au passage un rôle plus que flatteur dans la conduite des auditions. En réalité, à aucun moment Champlain n'a tenté de dissimuler quoi que ce soit de ses actes, pas plus qu'il n'a cherché à minorer sa responsabilité. Bien au contraire, bien souvent il répondait au-delà des questions des enquêteurs, éprouvant un plaisir non dissimulé à parler et à être écouté. À ce propos la commissaire Orion a un jour confié au journaliste Dargelois que si tous les criminels se comportaient comme lui en garde à vue, le travail d'investigation de la police se trouverait réduit à sa portion congrue.

    Fidèle à l'image qu'il a laissée de lui au commissariat, Maurice Champlain répond avec courtoisie aux questions du président, n'hésitant pas à rajouter des détails qui font frémir les jurés. Maître Philippeau s'échine sans succès à calmer les ardeurs bavardes de son client.

    Le docteur Hervé Saintonge, en sa qualité de médecin légiste, décrit avec précision les blessures infligées aux trois victimes ainsi que les causes des trois décès. L'album photos montrant les corps des victimes produit lui aussi une forte impression. Les professionnels sont habitués à ce genre de clichés, si tant est que l'on puisse s'y habituer, en revanche les jurés sont assez peu préparés à recevoir une aussi terrible réalité en pleine face. Une femme manque de se trouver mal et le président ordonne une suspension de séance pour permettre aux neuf jurés de se rafraîchir.

    Saintonge n'est que le premier des experts à s'exprimer. Il ouvre le bal en quelque sorte. D'autres suivent. Médecins psychiatres, psychologues et autres sommités des sciences de l'individu s'efforcent de cerner la personnalité complexe de l'accusé. Tous s'accordent à le décrire souffrant d'une forte dégradation de l'estime de soi ainsi que d'un lourd déficit affectif. Son enfance est passée au crible. Aucun événement ne permet cependant d'expliquer les terribles passages à l'acte de l'homme assis dans le box des accusés. En guise de conclusion les experts créditent Maurice Champlain d’une intelligence moyenne et le reconnaissent responsable de ses actes au moment des faits. Pourlier, le responsable de la police technique et scientifique, commente d’une voix monocorde les résultats d’analyses des prélèvements effectués sur les scènes de crimes ainsi que sur les vêtements et la voiture de l’accusé. Tous, sans exception, accablent Champlain. Les trois crimes sont signés, conclue t-il, et la signature est parfaitement lisible.

    Après les professionnels et leurs doctes explications, la parole est donnée aux témoins. Leur longue procession est curieuse, inhabituelle en ce genre de lieu. On pourrait se croire de retour dans un salon littéraire. En effet, on entend des auteurs, des éditeurs, des journalistes présents à l'Envolée. Ambroise Gâtefin est dispensé de lever la main droite pour prêter serment. Mal remis de sa chute dans l'escalier, il agrippe une canne qu'il ne peut lâcher sans prendre le risque de tomber. Catherine Sauseck évoque la dernière soirée de Ludovic Coissard. Sa dernière nuit aussi, avec une grande pudeur. Antoine Levorgne est cité comme témoin. Le président du tribunal l'a cependant dispensé de comparaître. Il se contente de lire au tribunal sa déposition, qui n'apporte d'ailleurs pas d'éclairage nouveau aux débats.

    Monsieur et madame Duval viennent à leur tour à la barre. Moment d'émotion, les parents de Rosaldine veulent comprendre pourquoi leur fille est morte dans des circonstances aussi horribles. Maurice Champlain les regarde avec bienveillance et ce regard est pour Elisabeth Duval un coup de poignard dans le cœur. Seul Jean réussi à le déstabiliser. Tout le temps où il est à la barre, il ne cesse de dévisager l'accusé. Il le regarde au fond des yeux sans ciller. Et Maurice Champlain finit par baisser la tête, à chercher ses chaussures dans le fond de son box. Sans que personne ne sache si l'accusé prend conscience de la gravité de ses actes ou s'il ne s'agit que d'une dérobade de plus. Quand vient le tour de la famille Coissard, Champlain retrouve sa morne assurance.

    Les plaidoiries des parties civiles occupent une pleine journée. Pas moins de sept avocats se relaient pour demander aux jurés la plus grande fermeté vis à vis d'un tueur sanguinaire qui n'a, à aucun moment, manifesté le moindre remords. Le lendemain l'avocat général enfonce le clou, demandant au cours de son réquisitoire la peine la plus lourde prévue par le code pénal. À une autre époque pas si lointaine que ça, c'est la tête de l'accusé qu'il aurait demandé aux jurés. Et obtenu, n’en doutons pas. Vendredi, quand vient le tour de la plaidoirie de la défense, maître Philippeau se sent bien seul, bien petit face à une telle concorde. Il défend sans conviction, sous le regard de son client qui voit dans cette plaidoirie fade, inodore et sans saveur, une preuve d'intérêt porté à sa personne qui lui va droit au cœur. Enfin, à la suite de ce long et ennuyeux monologue, aux alentours des dix-sept heures, le jury s'enferme dans la salle des délibérations avec le président du tribunal. Il en ressort quatre heures plus tard. Maurice Champlain réintègre la salle d'audience. Sans surprise le président du tribunal annonce que le jury a répondu oui à l'unanimité à toutes les questions qui lui ont été posées et qu'en conséquence le tribunal condamne l'accusé à une peine de réclusion à perpétuité assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans. Le condamné n'ayant rien à ajouter il est emmené par ses gardes vers son avenir carcéral. Il ne semble ni abattu, ni consterné. Simon Dargelois qui l'observe pendant le prononcé du verdict lui trouve un air détendu. Comme si la perspective de longues années de cellule l’apaisait. Dans la salle, Alice Champlain retient ses larmes. C'est vrai qu'à cet instant précis, sa foi elle-même ne suffit pas à la consoler. L'homme avec lequel elle est mariée depuis tant d'années n'a bénéficié d'aucune circonstance atténuante : il est bien le monstre absolu livré à la vindicte populaire, et cette détestation rejaillit sur elle, l'éclabousse et l'entache d'une suspicion nauséabonde. Ces non-dits pleins de sous-entendus, elle les perçoit quand les familles des victimes passent devant elle sans un seul regard, sans une once de compassion pour sa mine défaite et ses yeux larmoyants. Elle croit même entendre Jean Duval lui glisser au passage entre ses dents : « Larmes de crocodile ! »

    Il serait injuste de dire que le prononcé du verdict n'attriste que la seule Alice Champlain. Deborah et Sarah, les deux filles du condamné, retiennent leurs larmes elles aussi. À leur âge, la perspective de tant d'années de prison équivaut à la mort. Elles pleurent la perte de leur père et sont effrayées à l'idée de n'avoir plus que leur mère.

     

    © Pierre Mangin 2018

     

     

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