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    À la Guinguette de La Tranche

    Visez un peu ce qu’jai maté l’autre soir, dans un rade pas trop pourave du côté de la Tranche. La taule était remplie d’un populo festif vu qu’on célébrait la prise de la Bastoche comme il se doit, avec force boutanches roses blancs rouges, et un gus se démenait avec son piano à bretelles pour faire danser ce beau monde. Au milieu de toutes ces joyeusetés y’avait un gonze attablé, solitaire. Le genre friqué, costard cravate et tout le tintouin. Le genre coincé aussi, pas détendu du gland. Et avec ça furibard de pas avoir sa poularde à béqueter, et qui s’en prend au loufiat ! Ah ! Faut voir comme ça gueulait dans la carré ! Du coup le taulier, une grande asperge au pif en hameçon et au regard de faux derche, s’radine darre darre. Il jaspine dans les esgourdes du loufiat et lui dit de se rabouler fissa avec la volaille de l’autre cave.

    Aussi sec le loufiat s’esbigne dans les cuisines et rapplique rapidos avec une volaille laquée façon chinetoque. Manque de bol, v’là les flonflons qui pètent. Du coup y’a le populo qui s’lève d’un bond. Faut comprendre, le populo il est venu pour guincher. Et le bastringue s’en donne à cœur joie. Trois pas en avant deux en arrière, et vas-y que j’te tourne dans un sens puis dans l’autre, et les mains qui s’baladent sur les fesses des rombières. Faut dire que pour la Fêt’Nat les rombières elles sont pas farouches, elles ont la fesse légère, le nichemard égrillard et le béguin facile.

    Mais voilà que le loufiat s’embringue avec les noceurs, joue les derviches avec sa volaille à bout de bras sur son plateau. Pauvre gonze… Tout tourneboulé il percute pas que son canard, tout macchab qu’il est, il s’est envolé. Embroché tout cuit sur un lustre ripoliné aux couleurs de la république !

    Bon, la zique s’arrête. Le populo retourne aux tables s’enfiler des bibines dans l’cornet et raconter des bobards à leurs pouliches pour les faire marrer.

    Tout jouasse mon loufiat vise le cave. Et la lui joue obséquieux en diable pour lui fourbir… Un plat vide ! Son canard y s’balançait toujours au bout de son hameçon ripoliné ! Le cave y s’lève d’un bond, saisit le loufiat au colbac et commence à lui cabosser la cafetière. Manque de bol pour le cave, le populo s’en mêle. Et bientôt c’est bagarre générale. Ça cogne à droite, ça dérouille à gauche, les chaises volent, les assiettes valdinguent et les greluches poussent des cris effarouchés !

    J’ai mis les bouts avant qu’les condés rappliquent. La maison poulaga et moi on n’est pas trop copains. Et puis j’avais mon dur à prendre. Ah ! Tu parles d'un 14 juillet !

     

    ©Pierre Mangin 2019

     

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  • L'Invasion

    La femme a sonné à ma porte alors que j’allais commencer mon repas. J’ai ouvert en maugréant. Je déteste laisser un bœuf carottes refroidir. Chignon strict, lunettes cerclées de fer, imperméable beige, chaussures sans talon ; elle portait une caisse en bois d’une vingtaine de centimètres de long sur trente de large. J’allais éconduire l’inopportune quand, d’un geste vif, elle m’a poussé et a pénétré dans mon appartement en refermant la porte derrière elle. Elle ne m’a pas laissé le temps de réagir. M’a parlé d’une mission secrète. La caisse qu’elle portait je devais lui trouver une cachette avant d’aller, dimanche aux aurores, la plonger au fond du lac Sainte-Croix, après l’avoir lesté de la chaîne et du poids qu’elle sortit d’un sac qu’elle portait en bandoulière.

    — Pourquoi moi ?

    — Vous avez le profil. De plus aucune des forces en présence ne vous connaît. Vous êtes un illustre inconnu, c’est un atout.

    — Illustre inconnu ! Tout de même ! J’ai publié trois recueils de nouvelles !

    — Je vous souhaite bonne chance. Le pays compte sur vous et la postérité vous sera reconnaissante.

    La femme a posé caisse et lest sur la table et a disparu sans aucune autre parole, me laissant seul devant un bœuf carottes tiède. Elle m’avait aussi laissé un profond sentiment de malaise. Voir de peur.

    Aurore voulait passer la soirée de samedi avec moi. J’avais prétexté une indisposition. C’était un mensonge, j’allais très bien. Mais je connais Aurore. Après la soirée, c’est la nuit qu’elle aurait voulu passer. Et la nuit Aurore m’entraîne dans des jeux qui n’en finissent pas. Des jeux que je prends comme autant de cadeaux de la vie, mais j’avais besoin de repos pour mener à bien ce qui malgré moi était devenu ma mission.

    Il faisait encore nuit dimanche matin quand j’ai chargé la caisse au fond du coffre. J’ai démarré la voiture après avoir vérifié par trois fois la présence du lest et de la chaîne. La femme m’avait flanqué la frousse, je l’imaginais me surveillant de loin.

    La petite route en lacets menant au lac de Sainte-Croix me parut interminable. Enfin, les premières lueurs de l’aube colorèrent timidement le ciel au moment où je me garais face au petit chemin de terre menant au site. Le lac de Sainte-Croix est connu pour ses rives abruptes et sa profondeur abyssale. Plus de trente mètres sur les rives, cent soixante au plus profond.

    La caisse n’était pas très lourde. Elle était fermée par de gros clous, il me semblait percevoir à l’intérieur comme un mouvement. Que diable pouvait-elle contenir ?

    Peu avant d’arriver au lac, ce fut plus fort que moi. Tant de mystère autour d’une caisse en bois, il fallait que je sache. J’ai toujours une boîte à outil dans ma voiture. Cela ne sert à rien, aujourd’hui les voitures sont bourrées d’électronique, je serais bien incapable de réparer la moindre panne, mais c’est une habitude que je conserve du temps de ma jeunesse, du temps où je pilotais de vieilles guimbardes récalcitrantes.

    Muni d’un marteau et d’une paire de tenailles, je me mis à l’ouvrage après avoir vérifié que personne ne rôdait dans les parages. Après quelques minutes d’effort, je parvins à entrouvrir le couvercle.

    Ce qui en sortit me glaça d’effroi. Une nuée de petits gnomes hideux, grimaçants, qui se mirent aussitôt à danser une sarabande effrénée autour de moi. Tous chantaient une cacophonie terrible qui me fit boucher mes oreilles. Combien étaient-ils ? Peut-être cent, peut-être deux cents, peut-être davantage encore. Qu’avais-je fait ? Je n’eus pas le temps d’y réfléchir, les petits êtres immondes venaient d’attacher mes deux souliers ensemble et je m’étalais brutalement sur le sol. Aussitôt je fus soulevé, ils ligotèrent mes deux mains avec ma ceinture, ma chemise leur servit de bâillon. Ainsi ficelé ils me conduisirent au bord du lac Et, porté par des centaines de mains comme autant de roulements à bille, les nabots maléfiques me conduisirent au bord du lac. Mes cris de terreur, loin de les amadouer, semblaient les réjouir.

    Ils s’apprêtaient à me jeter dans l’eau glaciale dans une cacophonie sans nom de cris stridents, de vivats endiablés et de chants suraigus, quand, par miracle, celui qui devait être le chef de cette bande de ripailleurs braillards sans foi ni loi, stoppa net le mouvement d’un simple geste du bras. Je fus reposé à terre sans ménagement et les affreux se dispersèrent au fin fond des bois en riant de leur bonne blague.

    Et moi je me retrouvais débraillé, pieds et poings liés, au bord du lac le plus profond de France, à me tortiller pour rompre mes liens. Après une heure d’effort j’ai réussi à libérer mes poignets, le reste fut un jeu d’enfant.

    J’ai bourré la caisse de cailloux, l’ai recloué tant bien que mal et je l’ai balancé au fond de l’eau après avoir soigneusement installé le lest.

    Je n’étais pas bien fier en rentrant chez moi. Encore moins fier après avoir écouté les informations régionales. Dans les villages autour de Sainte-Croix des événements mystérieux avaient lieu depuis le petit matin. Des tuiles s’envolaient des bâtiments agricoles sans le moindre souffle de vent, des poussettes se mettaient à rouler seules au grand désarroi des mamans, des chiens terrorisés se mettaient à léviter, et on a même vu un troupeau de vaches déambuler dans la petite ville de Brama sous Terron : la clôture électrique qui les maintenait dans leur champ a été retrouvée coupée en mille morceaux… Sur Radio France Bleu la longue litanie des dépravations n’en finissait pas. Le journaliste avançait mille hypothèses pour expliquer le phénomène : j’étais le seul à en connaître la cause.

    Et la femme à l’imperméable beige.

    Et la femme à l’imperméable beige qu’il me semblait apercevoir à chaque fois que je jetais un œil dehors à travers les persiennes.

    Aux infos les catastrophes s’enchaînaient. Cocasses dans un premier temps, prêtant à rire ou à sourire. Des blagues de potaches. Encre dans les bénitiers de l’église Sainte Eulalie au moment de la grand’messe, vers de terre dans les religieuses de la pâtisserie Duremout Père et Fils, clous de tapissiers étalés sur la départementale 161 entraînant dix-sept crevaisons en moins d’une heure… Puis les incidents devinrent plus problématiques, voire dramatiques. Panne générale d’électricité dans tout le canton, puis panne de réseau dans le même périmètre. Dans la nuit du dimanche au lundi un pont enjambant la Tortonne a même été démonté pierre par pierre. Au petit matin, ceux qui ont voulu le traverser n’ont trouvé que deux immenses monticules de chaque côté de la rivière.

    Les événements autour de Sainte-Croix passaient désormais en boucle sur les chaînes d’infos en continu, reléguant au second plan les dernières frasques du ministre de l’économie.

    Qui pouvait imaginer jusqu’où les monstres miniatures étaient capables d’aller ? Quelles horreurs étaient-ils capables d’inventer ? Il me semblait encore entendre leurs rires maléfiques résonner dans mes oreilles…

    Le lundi, à une heure encore matinale, on a sonné à ma porte. C’était elle, la femme à l’imperméable beige. Elle était accompagnée d’un homme taciturne, vêtu d’un imperméable de la même couleur. Je me suis poussé pour les laisser entrer.

    — Tout c’est bien passé à Sainte-Croix ?

    J’avais si honte de ce que j’avais commis là-bas, que, sans hésiter, je choisis une fois encore le mensonge et la dissimulation.

    — Tout s’est parfaitement bien passé !

    — Vous avez lesté la caisse ?

    — Bien sûr !

    L’homme inspectait mon appartement avec un regard de fouine. Pour la première fois il m’adressa la parole :

    — Vous n’avez pas cherché à ouvrir la caisse par hasard ? Pas cherché à savoir ce qu’elle contenait ?

    Je soutins son regard.

    — Pas le moins du monde !

    Dernière nous la radio annonçait que six nouveaux nés venaient de disparaître de la maternité de Narmonne…

    L’homme replongea son regard au fond de mes yeux. Un regard de glace.

    — Il ne s’est vraiment rien passé sur le bord du lac de Sainte-Croix ?

    — C’est le moment de nous raconter, insista la femme.

    À la radio le présentateur annonçait d’une voix d’outre tombe que de la layette venait d’être retrouvée dans un parking souterrain, plongeant les familles des nouveaux-nés dans le désarroi.

    J’inspirai un grand coup.

    — Je n’ai rien à raconter. Rien de plus que ce que je vous ai déjà dit.

    Les deux imperméables échangèrent quelques paroles à voix basses. Avant de partir l’homme m’assura qu’ils reviendraient…

    Après leur départ j’ai allumé la télévision. Pour voir les images d’un village entier dont toutes les maisons s’étaient mises à lézarder depuis le matin. Lézarder jusque finir par s’écrouler en mille morceaux, un peu à la manière du verre Sécurit… Des familles entières se retrouvaient à la rue sans qu’ils comprennent ce qui venait de leur arriver. Leurs pleurs déchiraient mon âme.

    En fin d’après-midi la sonnette a de nouveau retenti. J’avais éteint télévision et radio, fermé les volets, coupé mon portable. J’ai ouvert sans avoir le moindre doute sur qui se trouvait derrière ma porte.

    Les deux imperméables sont entrés. L’homme avait l’air encore plus revêche que le matin. La femme portait une caisse semblable à celle que j’avais immergée au fond du lac de Sainte-Croix.

    — Nous avons trouvé un compromis, annonça t-elle.

    Elle posa la caisse sur la table. Aussitôt l’imperméable pratiqua une petite ouverture sur le côté de la caisse à l’aide d’une petite scie sabre rechargeable.

    Les petits êtres se répandirent dans le salon, sautant sur les étagères, se balançant aux rideaux, courant sur les murs, escaladant les meubles, se lançant les bibelots à la figure, renversant les livres.

    — Ils ont accepté de vivre ici. Avec vous, m’expliqua l’homme.

    La voix me manquait pour protester.

    D’ailleurs ils tournaient déjà leurs talons, leur mission semblait achevée.

    Avant de sortir, la femme se fendit d’un conseil :

    — Donnez leur du fromage. Beaucoup de fromage.

    J’ai fermé la porte.

    Les lutins se mirent à entonner une chanson folklorique en mon honneur. J’ignorais qu’il fut possible de chanter aussi faux.

    Je m’affalais sur une chaise, manquant au passage d’écraser six ou sept des petits gnomes.

    En quelques minutes mon appartement était devenu un véritable capharnaüm.

    L'Invasion

    ©Pierre Mangin 2019

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  • Chez les Linternat

    Robert Linternat appartient à cette race de gens qui, partis de rien, étaient parvenus à pas grand-chose. Elevé au sein d’une famille modeste mais néanmoins très croyante, il avait suivi de modestes études avant d’épouser Charline Locéan, la fille du modiste. Celui-là même dont l’échoppe se situe à l’angle de la rue Sans-Souci et du Boulevard des Pénitents. Six mois à peine après le mariage célébré en petites pompes, Charline donna à son époux un beau petit garçon que le Papa, emballé, voulut prénommer Zlatan, en honneur de l’ancien attaquant du Paris Saint Germain. Charline pour sa part, préféra Albert.

    Pour subvenir aux besoins de sa nouvelle famille, Robert Linternat se fit embaucher dans une administration sans intérêt, où il remplissait à longueur de journée d’obscures fiches que personne ne lisait jamais. Son métier n’était pas passionnant, il le reconnaissait volontiers. Mais, dans la mesure où il ambitionnait de ne point trop se fatiguer physiquement ou intellectuellement, il lui convenait plutôt bien.

    Deux ans plus tard la famille s’agrandissait, et le petit Albert se montra à la fois fier et jaloux de sa petite sœur.

    La vie continua de s’écouler chez les Linternat. Une vie sans heurt, sans surprise, presque sans bruit. Les saisons passèrent, les années aussi. Les enfants grandirent, Robert et Charline commencèrent à vieillir, sans même s’en apercevoir.

    Charline rêvait d’une autre vie. Ses parents modistes étaient passionnés d’opéra. Nabucco, Carmen, la Flûte Enchantée, les Noces de Figaro… Les grands airs l’avaient bercé dès son plus jeune âge. Dès que l’occasion s’en présentait le couple fermait boutique pour se rendre en famille à l’opéra, au concert ou au théâtre. Charline gardait de ces sorties un souvenir émerveillé.

    Les Linternat sortaient peu. Robert, aux sorties culturelles, préférait un bon western à la télé. Quitte à regarder la télévision, Charline avouait une préférence pour les films d’amour. Il arrivait à Monsieur Linternat d’emmener son fils au stade. Ils en revenaient la voix brisée d’avoir encouragé leur équipe. Où d’avoir hurlé des floppée d’insanités à l’encontre d’un arbitre ou d’un joueur… Une fois, une seule fois, Charline accompagna les mâles de la famille dans cette démonstration virile s’il en est. Même si l’affrontement musclé de ces hommes en short, et la vue de leurs cuisses dignes des statues antiques lui procura une émotion troublante, elle ne fut guère enthousiasmée par cette explosion incontrôlée de testostérone…

    Plus que tout, Charline voulait initier son mari aux joies indicibles de l’opéra. Elle avait économisé sous après sous pour acheter deux places. Deux places luxueuses, premier parterre, deuxième rang, au beau milieu de la salle. Elle désirait  offrir à Robert un moment inoubliable, qui, elle n’en doutait pas, allait changer sa manière d’envisager la vie. Et qui, par ricochet, changerait aussi la sienne, de vie…

    Dire que Robert sauta de joie au plafond quand elle lui présenta, toute excitée, les deux billets serait excessif. Voire exagéré…

    Le jour J, Charline dû même traîner son mari jusque l’opéra. Elle avait eu le malheur de lui dire que s’ils arrivaient en retard on ne leur permettrait pas d’entrer dans la salle. Qu’ils seraient obligés d’attendre l’entracte. Alors, bien sûr, Robert avait ralenti le pas…

    Pour finir, Charline s’était saisie de la main de son mari et l’avait littéralement tiré dans la rue. Ils s’étaient assis sur leurs fauteuils réservés une minute avant que les ouvreuses ne ferment les portes…

    Pour une première approche, Charline avait choisi Carmen, de Bizet. Pour ses airs fredonnés par tous, pour sa musique enlevée, pour  son livret d’un abord facile.

    Nerveux, Robert jetait des regards inquiets autour de lui. Quand le rideau se leva et que les premières notes de musique se firent entendre il commença à se tortiller sur son fauteuil. Alors que Charline se laissait bercer par la magie du spectacle, il souffrait de mille maux. Les chants qu’il entendait ne ressemblaient à rien à ceux qu’il écoutait habituellement. Ici pas de boîte à rythme, pas de basses assourdissantes qui vous vibrionne le cœur et les tripes. Mais des envolées d’instruments d’un autre temps. Violons, violoncelles, cuivres, hautbois, flûtes traversières… Et ces gens sur scène qui chantaient au lieu de parler ! « Et si je me mettais à chanter », se disait Robert, « à chanter pour demander qu’on me passe le sel, à chanter pour dire que je vais me chercher une bière dans le frigo, que penseraient les enfants ? Sûrement que leur père est tombé sur la tête… » À l’entracte il émit l’idée de se carapater. Devant la mine choquée de Charline il n’insista pas. Non, décidemment, il ne comprenait pas l’engouement de sa femme pour l’opéra. Qu’on s’enthousiasme pour un match de foot, il comprenait. Dans un match de foot il y a du sport, de l’action, du suspens ! « Mais ici ? » pensait-il dépité, « ici un torero d’opérette simule des passes, et le seul taureau que l’on voit est un décor en carton pâte ornant le fond de la scène ! »

    Quand la sonnerie annonçant la fin de l’entracte a retentit, Charline et Robert on rejoint leurs places. Charline enchantée qu’il lui reste encore la moitié du spectacle à vivre. Robert désespéré de n’en être qu’à la mi-temps…

    Sur le chemin du retour, Charline volubile, ne cessait de louer les mérites des chanteurs, des musiciens, des danseurs. Robert, muré dans un silence hostile, pensait au tournoi de la ligue des champions dont il venait de rater un match décisif.

    Arrivés dans leur appartement, Robert eut un éclair de génie. Il proposa à Charline de se rendre plus souvent à l’opéra. « Puisque tu aimes tant », lui dit-il, « pourquoi n’irais-tu pas avec tes parents ! »

    La vie continua de s’écouler chez les Linternat.

                                                            

    Ou plutôt deux vies continuèrent de s’écouler. Deux vies sans heurt, sans surprise, presque sans bruit.

    Deux vies parallèles…

    Chez les Linternat

     

    ©Pierre Mangin 2019

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